Sépara-quoi?

Magrande a un petit soucis avec la séparation.

MaGrande et moi, on a un petit soucis de séparation.

Ce n’est pas une question d’amour, je ne l’aime pas plus ou moins que mes autres loulous c’est juste que chaque enfant est différent, chaque histoire est différente, chaque relation est différente et pour nous c’est ainsi.

Je crois, je pense, non en fait je suis sure que ça a un rapport au fait que nous avons été séparées trop tôt, faute à ce fichu congé mat’ qui est beaucoup beaucoup trop court. Nan mais sans rire, devoir confier son bébé a 2.5 mois?! Si petit, si tôt, si tout quoi!

Nos revenus étant ce qu’ils sont, nous avons eu beau retourner nos comptes dans tous les sens… Non, un congé parental était in-envisageable, le plus important étant d’apporter à nos enfants un foyer.

Alors voilà, à 2.5 mois nous avons commencé l’adaptation de MaGrande avec son grand-frère chez l’assistante maternelle et le jour de ses 3 mois je reprenais le chemin du travail… J’avais le cœur lourd de devoir me séparer de mon bébé ; ma place était auprès d’elle, sa place était avec moi! Sous mon regard, tout contre moi, dans mes bras, à mon sein.

Après une petite semaine d’allaitement mixte, j’ai abandonné le rêve -un peu fou- d’allaiter et de travailler. Alors je pleurais souvent de cette situation qui me faisait mal mais mon bébé, elle, semblait mieux vivre la chose que moi. Elle était bien, chez notre assistante maternelle qui s’occupait si bien d’elle, si petite qu’elle était et puis elle était avec son frère! MaGrande et Mongrand passaient leurs journées ensemble et ça me faisait du bien de penser à ça, de penser à eux deux. Jamais elle n’a pleuré lors de la séparation du matin et puis le soir, les week end malgré ma grande fatigue et mon petit moral « on se rattrapait »!

Et puis finalement quand on y repense… Elle a longtemps dormi dans notre chambre, bien jusque ses 18 mois parce qu’elle ne trouvait le sommeil qu’avec nous. Même encore maintenant, il y a des périodes où elle peine à trouver le sommeil et c’est finalement toujours dans notre lit (même si on n’y est pas) qu’elle réussit à s’endormir.

Et puis, petite, toutes les nuits elle nous demandait un biberon, c’était vital, impossible à éviter, il fallait qu’on la « nourrisse » et elle se rendormait.

Et puis elle qui faisait ses nuits depuis son 1er mois, vers 9 mois -hasard de l’âge? je ne pense pas- ça s’est fini! Les nuits douces et paisibles ont laissé place aux nuits hachées, coupées de cris, de larmes, de pleurs, de crises, de colères! Elle se réveillait la nuit pour nous décharger toute sa rage, alors on attendait que l’orage passe, on était là à coté -en essayant de ne pas craquer à notre tour- et puis ça passait, un gros câlin et au dodo ; jusqu’à la prochaine crise… Ce que c’était impressionnant… Ce que c’était déroutant… Ce que ça me faisait mal… Ce que ça nous épuisait… Vers ses 2 ans, un jour, une nuit c’est passé.

Alors voilà, MaGrande a maintenant 4.5 ans et parfois encore elle pleure quand c’est moi qui l’accompagne à l’école, juste le temps de la séparation après ça va. Elle aime encore beaucoup être portée, elle nous le réclame. Elle a sans cesse besoin d’être rassurée, câlinée, complimentée et elle sait nous le faire savoir ; ça c’est bien qu’elle sache nous le dire. C’est une petite fille sensible, très en phase avec ses émotions. Et moi, c’est vrai, j’ai du mal à la laisser, à la confier.

Dans cette histoire, c’est moi la maman – l’adulte, alors bien évidemment il en va de ma responsabilité de nous faire grandir vers cette démarche de séparation pour qu’elle nous soit de plus en plus facile et sereine. Pour son bien et pour notre équilibre familial, je me force, je me raisonne et je la laisse voler de ses propres ailes, je la regarde grandir et finalement je suis remplie de joie, de fierté. Finalement OUI on a un petit soucis de séparation mais on y arrive, on y arrive même bien! On sait se séparer pour mieux se retrouver. On fait les choses doucement, comme on les ressent et on y arrive.

Pour finir j’ai décidé de ne pas m’auto-flageller sur ma responsabilité concernant cela car, après tout, c’est normal d’avoir mal vécu cette séparation si tôt. Cela n’empêche pas ma petite louve d’être très autonome, indépendante avec un sacré caractère ; elle va bien, elle vit bien. Notre histoire est la notre, on ne va pas la refaire alors ça ne sert à rien de culpabiliser sur le passé, on avance! Et même qu’on se débrouille plutot bien!

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